Deloitte, PwC, EY et KPMG : les Big Four (ou Big 4) sont les quatre plus grands cabinets d’audit et de conseil du monde. Ils certifient les comptes de la quasi-totalité des grandes entreprises cotées, emploient près d’1,5 million de personnes et recrutent chaque année des milliers de jeunes diplômés en France.
Tu termines un DCG, un DSCG, un master CCA ou une école de commerce et tu te demandes si tu dois y postuler ? Voici tout ce qu’il faut savoir : qui ils sont, ce qu’ils font, combien ils paient, comment y entrer, et ce qu’on ne te dit pas toujours.
À retenir
- Big Four = Deloitte, PwC, EY et KPMG, les 4 leaders mondiaux de l’audit et du conseil.
- Quatre grandes lignes de service : audit, conseil, fiscalité/juridique, transactions.
- Plus de 220 milliards de dollars de chiffre d’affaires cumulé et environ 1,5 million de collaborateurs (exercices 2025).
- Un auditeur junior débute autour de 40 000 à 45 000 € brut par an à Paris.
- Portes d’entrée : DSCG, master CCA, école de commerce, presque toujours via un stage ou une alternance.
- Ils étaient cinq jusqu’en 2002 : le cinquième, Arthur Andersen, a disparu avec le scandale Enron.
Les Big Four, c’est quoi ?
L’expression Big Four (« les quatre grands ») désigne les quatre plus grands réseaux internationaux de cabinets d’audit, d’expertise comptable et de conseil : Deloitte, PwC (PricewaterhouseCoopers), EY (Ernst & Young) et KPMG.
Leur cœur de métier historique est le commissariat aux comptes : certifier que les états financiers d’une entreprise donnent une image fidèle de sa situation. Mais depuis vingt ans, le conseil (stratégie, transformation, IT, risques) et les activités de transactions pèsent de plus en plus lourd dans leur chiffre d’affaires.
Chaque Big 4 est en réalité un réseau de cabinets nationaux juridiquement indépendants, fédérés sous une marque commune. C’est ce qui leur permet d’auditer une multinationale dans 150 pays avec les mêmes méthodes.
La liste des 4 cabinets : Deloitte, PwC, EY, KPMG
| Cabinet | Origine | Siège | CA 2025 (env.) | Effectifs (env.) |
|---|---|---|---|---|
| Deloitte | 1845, Londres (William Welch Deloitte) | Londres | 70 Md$ | 470 000 |
| PwC | 1998, fusion Price Waterhouse + Coopers & Lybrand | Londres | 59 Md$ | 370 000 |
| EY | 1989, fusion Ernst & Whinney + Arthur Young | Londres | 53 Md$ | 400 000 |
| KPMG | 1987, fusion Peat Marwick + Klynveld Main Goerdeler | Amstelveen (Pays-Bas) | 40 Md$ | 275 000 |
Chiffres arrondis, exercices clos en 2025, en dollars américains (source : communiqués annuels des cabinets, par exemple le communiqué FY2025 de Deloitte).
Deloitte est le numéro un mondial, en chiffre d’affaires comme en effectifs. Sa force : une offre très large, du commissariat aux comptes au conseil en stratégie (Monitor Deloitte). C’est aussi le premier des quatre en France.
PwC est le deuxième. Très fort en audit et en transactions (Transaction Services, due diligence), il a une réputation solide sur les sujets ESG et durabilité.
EY a longtemps été deuxième avant d’être doublé par PwC. Sa marque de conseil en stratégie, EY-Parthenon, est reconnue. EY a défrayé la chronique en 2023 en tentant, puis en abandonnant, une scission de ses activités d’audit et de conseil (le projet Everest).
KPMG est le plus petit des quatre, mais son activité audit est particulièrement solide. Souvent décrit comme le plus « européen », il est très présent auprès des ETI et du secteur financier. En France, c’est le deuxième Big 4 en effectifs.
Et le « cinquième » ? Forvis Mazars, BDO, Grant Thornton
Juste derrière, on trouve les challengers : Forvis Mazars (d’origine française), BDO et Grant Thornton. Ils ne font pas partie des Big Four, mais ce sont d’excellentes portes d’entrée en audit, souvent avec plus de responsabilités plus tôt.
Que font concrètement les Big 4 ?
Quatre grandes lignes de service, avec des noms qui varient d’un cabinet à l’autre :
- Audit & assurance : commissariat aux comptes, audit des comptes consolidés, revue des contrôles internes. C’est la porte d’entrée classique pour un DSCG.
- Conseil (consulting / advisory) : transformation, IT, finance, supply chain, risques, cybersécurité, IA.
- Fiscalité et juridique (tax & legal) : fiscalité des groupes, prix de transfert, droit des sociétés, mobilité internationale.
- Transactions (deals / financial advisory) : due diligence, évaluation, fusions-acquisitions, restructuring.
Pourquoi les grandes entreprises font appel à eux ?
Les Big 4 offrent un triple avantage que peu d’autres cabinets peuvent proposer :
- L’expertise en normes internationales. Tu seras confronté au référentiel IFRS, obligatoire pour les sociétés cotées en Europe. Les Big 4 sont souvent à l’origine même de l’interprétation de ces normes.
- La taille et le réseau. Eux seuls peuvent auditer, analyser et certifier un groupe implanté dans le monde entier. Si KPMG audite les comptes consolidés d’une multinationale, il obtient facilement des informations fiables sur une filiale auditée par le réseau KPMG local.
- La « marque » de certification. Reconnus partout, leur signature sur des comptes est un gage de qualité pour les investisseurs, les banques et les régulateurs.
Pourquoi ne sont-ils plus que 4 ? L’affaire Enron et la chute d’Arthur Andersen
Ce qu’on oublie souvent, c’est qu’on parlait initialement des Big 5 (et même des Big 8 dans les années 1980, avant les grandes fusions).
Le cinquième s’appelait Arthur Andersen. Auditeur de la société américaine Enron, il a validé pendant des années les comptes d’une entreprise qui gonflait artificiellement ses profits et masquait ses pertes dans des sociétés écrans.
Enron était le premier client d’Andersen. À l’époque, fournir à la fois du conseil et de l’audit à une même entreprise était autorisé, et le conseil rapportait beaucoup. Malgré des réserves croissantes, Andersen a continué à certifier.
Résultat : des dizaines de milliards de dollars de dettes dissimulées aux actionnaires. Quand la presse a révélé l’affaire Enron fin 2001, Enron a fait faillite et a entraîné Andersen dans sa chute : mission d’analyse des risques complaisante l’année précédente, documents détruits par milliers, condamnation en 2002.
J’avais d’ailleurs raconté toute cette histoire en détail il y a quelques années, avec la courbe de l’action Enron et les raisons de commencer sa carrière en cabinet : Pourquoi commencer sa carrière dans un Big 4 ? — le scandale Andersen expliqué. Si tu veux comprendre pourquoi un auditeur ne vend qu’une chose, sa crédibilité, c’est là qu’il faut aller.
Cette crise a accéléré la séparation des activités d’audit et de conseil (loi Sarbanes-Oxley aux États-Unis, loi de sécurité financière en France) et rappelle ce qu’un cabinet d’audit vend réellement : une certification crédible. Quelle entreprise accepterait de faire certifier ses comptes par un cabinet qui a validé des comptes frauduleux ?
Les Big Four en France
Les quatre sont solidement implantés en France, avec chacun plusieurs milliers de collaborateurs et des bureaux dans toutes les grandes villes (Paris, Lyon, Lille, Marseille, Nantes, Bordeaux, Toulouse, Strasbourg…).
- En Île-de-France, trois des quatre sont à La Défense (Deloitte, EY, KPMG) ; PwC est à Neuilly-sur-Seine.
- Chaque cabinet recrute plusieurs milliers de personnes par an en France, en grande majorité des jeunes diplômés, stagiaires et alternants.
- L’audit reste le premier recruteur de profils comptables : c’est là que le DCG et le DSCG ont le plus de valeur.
Travailler en audit dans un Big 4 : à quoi ressemble le job ?
Si tu tapes « big 4 audit », c’est probablement la vraie question. Concrètement, un auditeur junior :
- travaille en équipe chez le client, sur des missions de quelques jours à plusieurs semaines ;
- réalise des tests : revue des comptes, circularisation, inventaires physiques, contrôle des cycles (achats, ventes, paie, immobilisations…) ;
- documente tout dans le dossier d’audit et fait remonter les points au senior ;
- vit au rythme de la « busy season » (janvier à avril, clôture annuelle) : longues journées, puis période plus calme l’été.
Après 2 à 3 ans, tu passes senior et tu encadres tes propres juniors. Vers 6 ans, manager. La pyramide est très hiérarchisée, mais la progression est rapide et lisible.
Salaires en Big 4 : la grille 2026
Fourchettes indicatives en brut annuel, Paris, ligne audit. Compte 10 à 15 % de moins en région, et souvent plus en transactions ou en conseil.
| Grade | Expérience | Salaire brut annuel |
|---|---|---|
| Stagiaire | – | 1 500 à 2 000 €/mois |
| Auditeur junior (A1–A2) | 0–2 ans | 40 000 à 45 000 € |
| Senior | 3–5 ans | 48 000 à 58 000 € |
| Manager | 6–8 ans | 65 000 à 80 000 € |
| Senior manager | 9–12 ans | 85 000 à 110 000 € |
| Directeur | 12 ans et + | 110 000 à 150 000 € |
| Associé | 15 ans et + | 200 000 € et bien au-delà |
Le vrai intérêt n’est pas le salaire d’entrée, mais la pente : là où une entreprise augmente de 1 à 3 % par an, un Big 4 augmente souvent de 8 à 10 % à chaque changement de grade. Pour comparer avec les autres débouchés, regarde quel salaire viser avec un DSCG.
Comment intégrer un Big 4 ? Les 5 étapes
- Avoir le bon diplôme. DSCG, master CCA, école de commerce (programme grande école ou master finance/audit), ou master universitaire en finance. Un DCG seul permet d’entrer en alternance ou en stage, plus rarement en CDI.
- Commencer par un stage ou une alternance. C’est la voie royale : la majorité des juniors en CDI ont d’abord fait un stage de fin d’études ou une alternance dans le cabinet. Les campagnes de recrutement pour les stages de janvier démarrent dès septembre-octobre.
- Soigner CV et lettre. Les mots-clés qui comptent : IFRS, consolidation, clôture, contrôle interne, Excel, anglais. Mets en avant tes résultats au DCG/DSCG et tes expériences chiffrées.
- Préparer les entretiens. Tests de logique et d’anglais, entretien RH, puis un ou deux entretiens avec des managers/associés. On te posera des questions techniques simples (qu’est-ce qu’une provision ? une dépréciation ? un actif ?) et surtout des questions de motivation.
- Passer le DSCG si ce n’est pas fait. Beaucoup de cabinets versent une prime à l’obtention du diplôme et certains grades ne sont accessibles qu’avec.
Pourquoi commencer sa carrière dans un Big 4 ?
- Une marque reconnue dans le monde entier. Ton futur employeur aura la certitude qu’après au moins deux ans là-bas, tu es organisé, travailleur, rigoureux et que tu résistes à la pression. C’est un atout dans tous les métiers financiers.
- Une pente ascendante pour ton salaire, avec des augmentations bien supérieures à celles de l’entreprise.
- Un réseau. Chaque cabinet a son réseau d’alumni, comme les grandes écoles, et réunit régulièrement ses anciens.
- Découvrir des dizaines d’entreprises en n’ayant qu’un seul employeur. Auditeur chez EY sur la mission LVMH, tu auras une longueur d’avance pour y postuler ensuite.
Vois ce type de cabinet comme un « troisième cycle », une prépa après l’école avant de te lancer en entreprise.
Les inconvénients qu’on ne te dit pas toujours
- Les horaires en busy season : 10 à 12 heures par jour pendant plusieurs mois n’ont rien d’exceptionnel.
- Une hiérarchie très pyramidale, des tâches très découpées et des évaluations quasi constantes.
- Il faut savoir « rentrer dans le moule », ce qui ne correspond pas à tout le monde.
- Le turnover : une grande partie des juniors partent après 2 à 4 ans. Ce n’est pas un échec, c’est le modèle.
Faut-il forcément passer par un Big 4 pour réussir en finance ?
Non. La question n’est pas tranchée, et les cabinets de taille moyenne ou les petits cabinets ont de vrais arguments.
Les profils qui en sortent sont parfois meilleurs techniquement, parce qu’ils ont touché à tout : tenue, révision, fiscalité, social, conseil au dirigeant. On y confie plus de responsabilités plus tôt : un aspirant au DEC peut y être chargé de mission, ce qui n’arrive en Big 4 qu’au niveau senior ou manager.
Et contrairement à une idée reçue, venir d’un petit cabinet ne ferme pas la porte des Big 4 : toute expérience se valorise. Pour te faire une idée des autres voies, regarde les 8 métiers accessibles avec un DSCG.
Le DSCG, l’atout n°1 pour faire carrière en Big 4
Le DSCG permet l’inscription au stage d’expertise comptable de trois ans et, à terme, l’accès au DEC. Or l’audit est une profession réglementée : sans DEC (ou CAFCAC), impossible de signer des comptes et donc de devenir associé.
Le DSCG te confronte aussi à tout ce que tu croiseras en mission : IFRS, consolidation, fiscalité des groupes, droit des sociétés, évaluation. Il fait de toi un auditeur plus expert, plus vite. C’est d’ailleurs pour ça qu’il vaut le coup de le passer même après une école de commerce.
Tu veux valider le DSCG rapidement ?
Les fiches de cours qui m’ont permis de valider les 7 UE en 6 mois sont disponibles ici : Fiches DSCG – UE 1, 2, 3, 4, 5 et 7.
Bonne réussite à tous, en Big 4 ou ailleurs. 🙂
FAQ : les questions qu’on se pose sur les Big Four
Qui sont les Big Four ?
Les Big Four sont Deloitte, PwC, EY et KPMG, les quatre plus grands réseaux mondiaux de cabinets d’audit et de conseil.
Pourquoi dit-on Big Four et pas Big Five ?
Parce qu’ils étaient cinq jusqu’en 2002. Le cinquième, Arthur Andersen, a disparu après le scandale Enron dont il était l’auditeur.
Quel est le plus gros Big 4 ?
Deloitte, avec environ 70 milliards de dollars de chiffre d’affaires et 470 000 collaborateurs dans le monde. Suivent PwC, EY puis KPMG.
Mazars fait-il partie des Big Four ?
Non. Forvis Mazars, BDO et Grant Thornton sont les principaux challengers, mais l’expression Big Four désigne uniquement Deloitte, PwC, EY et KPMG.
Quel salaire pour un débutant en Big 4 ?
Un auditeur junior démarre entre 40 000 et 45 000 € brut par an à Paris, un peu moins en région. Un senior gagne 48 000 à 58 000 €, un manager 65 000 à 80 000 €.
Quel diplôme pour entrer dans un Big 4 ?
Un bac+5 : DSCG, master CCA, école de commerce ou master universitaire en finance/audit. Avec un DCG, l’entrée se fait surtout en alternance ou en stage.
Peut-on entrer en Big 4 sans école de commerce ?
Oui. Le DSCG et le master CCA sont des voies d’accès à part entière, particulièrement appréciées en audit où la technique comptable compte.
Combien d’heures travaille-t-on en Big 4 ?
En busy season (janvier à avril), 10 à 12 heures par jour sont fréquentes. Le reste de l’année, les horaires sont proches de ceux d’un cadre classique.
Combien de temps faut-il rester en Big 4 ?
Deux à trois ans suffisent pour que l’expérience soit valorisée sur un CV. Beaucoup partent après le grade de senior vers l’entreprise, le conseil ou un cabinet plus petit.
Big 4 ou petit cabinet : que choisir ?
Le Big 4 apporte la marque, le réseau et les grands comptes ; le petit cabinet apporte la polyvalence et des responsabilités plus tôt. Les deux mènent au DEC.