Les amortissements, c’est LE classique du DSCG et du DCG. Tu tombes dessus à chaque session, sous une forme ou une autre. Alors autant maîtriser le sujet à fond avant l’examen. Dans cette fiche, tu vas retrouver l’essentiel : définitions, méthodes de calcul, écritures comptables, pièges à éviter et exemples chiffrés. Objectif : que tu sois capable de traiter n’importe quel cas d’amortissement en moins de 10 minutes le jour J.
C’est quoi un amortissement, exactement ?
L’amortissement, c’est la constatation comptable de la perte de valeur d’une immobilisation due à son usage, au temps qui passe ou à l’obsolescence technique. Traduction : tu étales le coût d’acquisition d’un bien sur sa durée d’utilisation.
Le Plan Comptable Général (PCG) cadre précisément les règles. Tu peux d’ailleurs consulter la version officielle sur le site de l’Autorité des Normes Comptables pour avoir les textes à jour.
Les 3 notions à ne jamais confondre
- Amortissement : perte de valeur certaine et irréversible, étalée dans le temps.
- Dépréciation : perte de valeur probable et réversible (un test d’indice est nécessaire, voir notre fiche dédiée aux dépréciations d’actifs).
- Provision : dette potentielle, pas liée à un actif (voir ta fiche sur les provisions pour risques et charges).
Astuce mémo : A = Assurée / D = Douteuse / P = Potentielle. Retiens les premières lettres, tu ne te trompes plus jamais.
Les bases du calcul : base, durée, taux
La base amortissable
Base amortissable = Valeur brute – Valeur résiduelle. Attention : la valeur résiduelle n’est prise en compte que si elle est significative et mesurable de façon fiable. Sinon, tu amortis sur la totalité du coût d’acquisition.
La durée d’utilisation
En comptabilité, tu amortis sur la durée réelle d’utilisation propre à l’entreprise. Fiscalement, l’administration impose souvent une durée d’usage (voir le BOFiP pour les durées admises par secteur). D’où parfois un décalage entre compta et fisca, géré par l’amortissement dérogatoire.
Les méthodes d’amortissement à connaître
| Méthode | Principe | Quand l’utiliser ? |
|---|---|---|
| Linéaire | Annuité constante | Consommation régulière des avantages économiques |
| Unités d’œuvre | Selon l’utilisation réelle (km, heures, unités produites) | Usage variable d’une période à l’autre |
| Dégressif (fiscal) | Annuités décroissantes | Avantage fiscal sur biens neufs éligibles |
| Exceptionnel (fiscal) | Amortissement sur 12 mois | Certains biens incitatifs (logiciels, etc.) |
Linéaire : la méthode par défaut
Formule : Annuité = Base amortissable × Taux linéaire. Avec Taux linéaire = 1 / durée d’utilisation. En cas d’acquisition en cours d’exercice, on applique le prorata temporis en jours (ou en mois selon l’énoncé, lis bien).
Dégressif : le coup de pouce fiscal
Taux dégressif = Taux linéaire × Coefficient fiscal. Les coefficients dépendent de la durée :
- 3 ou 4 ans → coefficient 1,25
- 5 ou 6 ans → coefficient 1,75
- plus de 6 ans → coefficient 2,25
Astuce mémo : « 1,25 / 1,75 / 2,25 » → c’est toujours en « quelque chose virgule 25 ». Retiens juste la progression.
Règle clé : le prorata se calcule en mois entiers, en comptant le mois d’acquisition. Et quand le taux dégressif devient inférieur au taux linéaire restant, tu bascules en linéaire jusqu’à la fin.
Exemple chiffré : machine industrielle
Tu achètes une machine le 15 avril N pour 50 000 € HT. Durée d’utilisation : 5 ans. Valeur résiduelle nulle. On compare linéaire et dégressif.
En linéaire
Taux = 1/5 = 20 %. Annuité pleine = 10 000 €. Prorata N (du 15/04 au 31/12) = 256 jours. Annuité N = 10 000 × 256/360 = 7 111 €.
En dégressif
Taux dégressif = 20 % × 1,75 = 35 %. Prorata en mois entiers, acquisition en avril → 9 mois sur 12.
| Année | VNC début | Calcul | Annuité |
|---|---|---|---|
| N | 50 000 | 50 000 × 35 % × 9/12 | 13 125 |
| N+1 | 36 875 | 36 875 × 35 % | 12 906 |
| N+2 | 23 969 | 23 969 × 35 % | 8 389 |
| N+3 | 15 580 | Bascule linéaire (15 580 / 2) | 7 790 |
| N+4 | 7 790 | Reliquat | 7 790 |
L’écart entre dégressif et linéaire génère un amortissement dérogatoire, à comptabiliser en capitaux propres.
Les écritures comptables à maîtriser
Dotation classique
31/12/N
6811 Dotations aux amort. des immos. 7 111
28154 Amort. du matériel industriel 7 111
(Dotation exercice N – méthode linéaire)
Cette dotation fait partie des écritures de clôture d’exercice que tu dois absolument maîtriser pour l’épreuve.
Amortissement dérogatoire
31/12/N
68725 DADAE – Amort. dérogatoires 6 014
145 Amortissements dérogatoires 6 014
(Écart entre dégressif fiscal et linéaire comptable)
Quand l’amortissement comptable rattrape le fiscal, tu passes l’écriture inverse (reprise via le compte 78725).
Sortie d’immobilisation
Cession d'une machine VNC = 8 000 €, prix de cession = 10 000 €
462 Créances sur cession 12 000
775 Produits de cession 10 000
44571 TVA collectée 2 000
28154 Amortissements 42 000
675 VCEAC 8 000
2154 Matériel industriel 50 000
Pour aller plus loin sur le traitement complet de l’entrée et de la sortie des biens, consulte notre fiche sur les immobilisations corporelles : entrée et sortie.
Amortissement par composants : ne l’oublie jamais
Dès qu’un élément d’une immobilisation a une durée d’utilisation différente et un coût significatif, tu dois l’identifier comme composant distinct. Exemple typique : un immeuble avec structure (50 ans), toiture (25 ans), ascenseur (15 ans), chaudière (20 ans).
Chaque composant s’amortit sur sa propre durée. C’est un sujet chaud aux examens, souvent couplé avec une problématique de remplacement. Pour creuser les subtilités pratiques, Compta Online propose d’excellents cas pratiques.
Dépréciation : le cousin à ne pas négliger
Quand un indice de perte de valeur apparaît (baisse de marché, obsolescence soudaine, sinistre), tu dois réaliser un test de dépréciation. Si la valeur actuelle < VNC, tu constates une dépréciation supplémentaire via le compte 6816 / 29xx.
Et attention : une dépréciation modifie la base amortissable pour l’avenir. Les futures dotations se calculent sur la nouvelle VNC.
Les 6 pièges classiques aux examens
- Oublier le prorata en jours (linéaire) ou en mois (dégressif) : erreur qui coûte cher.
- Confondre taux comptable et taux fiscal : toujours préciser le cadre.
- Ne pas identifier les composants quand l’énoncé les suggère.
- Oublier la bascule en linéaire dans le dégressif.
- Ignorer la valeur résiduelle quand elle est significative.
- Mal traiter la cession : la VNC doit être celle à la date de cession, prorata inclus.
Comment mémoriser tout ça efficacement ?
La théorie seule ne suffit pas. Il te faut du réflexe. Entraîne-toi à refaire les exemples chiffrés sans regarder le corrigé, puis varie les paramètres (durée, date d’acquisition, méthode). Si tu veux structurer ta préparation globale, jette un œil à notre article sur les techniques de révision DSCG 2026 et aux conseils pour faire de très bonnes fiches qui t’aideront à ancrer durablement ces mécanismes.
Et si tu prépares spécifiquement l’UE4, n’oublie pas de consulter notre guide dédié à la comptabilité et audit en UE4, où les amortissements reviennent régulièrement couplés à des problématiques de consolidation ou d’audit.
Récap express à relire avant l’épreuve
| Élément | À retenir |
|---|---|
| Base amortissable | Valeur brute – Valeur résiduelle significative |
| Compte de dotation | 6811 (exploitation) / 6871 (exceptionnel) |
| Compte d’amort. cumulé | 28xx (selon nature de l’immo) |
| Amort. dérogatoire | 68725 / 145 |
| Dépréciation | 6816 / 29xx (réversible) |
| Coefficients dégressifs | 1,25 – 1,75 – 2,25 |
Imprime cette fiche, colle-la au-dessus de ton bureau, et refais chaque exercice jusqu’à ce que les mécanismes deviennent automatiques. Le jour de l’épreuve, tu gagneras un temps précieux sur les calculs pour te concentrer sur l’analyse. C’est exactement ce qui fait la différence entre un 10 et un 14.
