Tu prépares l’UE4 du DSCG et le mot goodwill te donne des sueurs froides ? Pas de panique. L’écart d’acquisition, c’est LE sujet qui tombe presque chaque année. Dans le cadre de l’UE4 du DSCG, les sujets utilisent soit le terme goodwill soit le terme écart d’acquisition, et les questions concernent le calcul du montant ou sa comptabilisation, ce qui est le cas entre 2016 et 2020 par exemple. Autant bien le cadrer.
Dans cet article, tu vas voir comment calculer un goodwill, comment le comptabiliser en normes françaises et en IFRS, et comment gérer le cas piégeux du badwill. Avec des exemples chiffrés concrets. Objectif : transformer ce chapitre en points faciles à l’examen.
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Écart d’acquisition : la définition à maîtriser 🎯
Commençons par la base. L’écart d’acquisition correspond à la différence entre le coût d’acquisition des titres d’une société et la quote-part du groupe dans la juste valeur des actifs et des passifs identifiables acquis à la date d’acquisition. En clair : tu paies plus cher que la valeur réelle du patrimoine de la cible. Pourquoi ? Parce que tu achètes aussi des éléments intangibles : savoir-faire, clientèle fidèle, synergies attendues.
L’écart d’acquisition matérialise les éléments non identifiables (immatériels) de l’entreprise acquise. Le terme goodwill peut être traduit textuellement en français par « survaleur » ou encore « écart d’acquisition ». Dans les sujets d’examen, tu croiseras les trois mots. Pas de piège : ils désignent la même chose.
Attention à bien distinguer deux notions qui se suivent dans le raisonnement : l’écart d’évaluation (réévaluation des actifs et passifs de la cible à leur juste valeur) puis l’écart d’acquisition (le solde résiduel). Pour revoir la logique d’ensemble, va lire la consolidation des comptes : méthodes et périmètre DSCG.
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Goodwill partiel vs goodwill complet 🧮
En IFRS, on peut calculer le goodwill complet et le goodwill partiel. Deux approches, deux résultats. À toi de savoir les distinguer.
Le goodwill partiel : c’est une approche côté acquéreur, qui permet de déterminer l’écart d’acquisition de la société qui vient d’effectuer l’acquisition des titres (on ne s’intéresse qu’à la quote-part détenue), et le calcul est le même que pour l’écart d’acquisition en normes françaises.
Le goodwill complet : c’est une approche côté vendeur car il permet de déterminer l’écart d’acquisition global (incluant les intérêts minoritaires) ; le calcul correspond au coût d’acquisition tous actionnaires confondus diminué de la juste valeur de l’entreprise prise dans son intégralité.
Exemple chiffré. Le 01/01/N, la société mère M acquiert 75% du capital de F pour un prix de 600 000€, et la juste valeur de F à la date d’acquisition est de 440 000€.
➡️ Goodwill partiel = 600 000 – (440 000 x 75%) = 270 000€.
➡️ Goodwill complet : il faut trouver le prix payé à l’acquisition par les 25% que sont les autres actionnaires, soit 600 000 / 75% x 25% = 200 000€, donc le coût total des titres est de 800 000€. On obtient alors 800 000 – 440 000 = 360 000€ de goodwill complet.
Différence entre les deux : 90 000 €. Ce montant correspond au goodwill attribué aux intérêts minoritaires (participations ne donnant pas le contrôle).
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Normes françaises : règlement ANC 2020-01 📘
Gros changement depuis quelques années : le règlement ANC N° 2020-01 relatif aux comptes consolidés entre en application pour les exercices ouverts à compter du 1er janvier 2021, et supprime notamment la référence au principe de prédominance de la substance sur la forme. Il a remplacé le vieux CRC 99-02.
Le règlement n°2020-01 de l’ANC classe les écarts d’acquisition (survaleur ou goodwill) parmi les immobilisations incorporelles et oblige à les identifier séparément. Au bilan consolidé, tu les trouveras donc dans les immos incorporelles, sur une ligne dédiée.
Concernant l’amortissement, le raisonnement en deux temps est crucial. L’amortissement est prévu uniquement en cas de durée limitée de l’écart d’acquisition ; ce n’est pas une option et la détermination de la durée limitée ou non limitée résulte d’une analyse documentée de l’opération, et dès lors que la durée d’utilisation de l’écart d’acquisition n’est pas limitée, un test de dépréciation annuel est obligatoire. Tu peux consulter le texte officiel sur le site de l’Autorité des Normes Comptables.
Cas particulier à bien retenir : exceptionnellement, si la durée d’utilisation ne peut pas être déterminée de façon fiable, l’écart d’acquisition est amorti sur une durée forfaitaire de 10 ans. Cette durée par défaut tombe très souvent dans les sujets.
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Normes IFRS : test de dépréciation obligatoire 🌍
En IFRS, la logique est différente. La comptabilisation de l’écart d’acquisition s’effectue comme en normes françaises, en revanche il n’est pas amortissable : il y a donc une présomption irréfragable de durée de vie illimitée, il est néanmoins soumis à un test de dépréciation qui doit être effectué au moins une fois par an (IAS 36).
Autre piège classique des sujets : la reprise de dépréciation n’est pas non plus autorisée en IFRS. Une fois le goodwill déprécié, c’est définitif. Contrairement à d’autres actifs.
Attention aussi aux frais d’acquisition. En normes IFRS, il ne faut pas incorporer les frais d’acquisition au coût d’acquisition ; ceux-ci restent en charges. En normes françaises, ils sont inclus dans le coût des titres. Une subtilité qui change le montant du goodwill. Pour aller plus loin, regarde notre fiche sur les normes IFRS au DSCG.
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Le cas du badwill (écart d’acquisition négatif) ⚠️
Le badwill correspond à l’écart d’acquisition négatif. Tu payes moins cher que la juste valeur de la cible. Ça arrive plus souvent qu’on ne le pense : le goodwill est négatif lorsque le prix d’acquisition de la participation par la société mère et la juste valeur des participations minoritaires sont inférieures aux actifs et passifs identifiables de la filiale, ce qui est possible lorsque la filiale est en difficultés, que le prix de cession est particulièrement bas ou que les actifs et passifs identifiables ont été surévalués.
Le traitement est strict : si après vérification de la valeur des actifs et passifs identifiables et prise en compte des impôts différés, le goodwill reste négatif, il sera enregistré en produit de l’exercice d’acquisition. Le détail des écritures est bien expliqué sur Compta Online.
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La méthode de calcul en 4 étapes 🚀
🎯 Étape 1 — Identifier les actifs et passifs — Tu listes tous les éléments identifiables de la cible, y compris incorporels (marque, brevet), et tu vérifies qu’ils peuvent être évalués de façon fiable.
💰 Étape 2 — Évaluer à la juste valeur — Tu réévalues chaque poste à la juste valeur à la date d’acquisition. C’est l’écart d’évaluation. N’oublie pas l’impôt différé sur les plus-values latentes.
📊 Étape 3 — Calculer l’écart d’acquisition — Tu compares le coût d’acquisition des titres à la quote-part de juste valeur. Positif = goodwill. Négatif = badwill. Choisis entre approche partielle ou complète selon l’option retenue en IFRS.
✍️ Étape 4 — Comptabiliser et suivre — Inscription à l’actif du bilan consolidé en immobilisations incorporelles. Puis amortissement (si durée limitée, normes françaises) ou test de dépréciation annuel (si durée illimitée ou IFRS). Pour l’articulation avec le reste des écritures, relis les retraitements de consolidation.
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Annale DSCG 2021 : un exemple concret 📝
Rien ne vaut un vrai sujet. Dans l’annale UE4 de 2021, les candidats devaient calculer le goodwill complet sur la filiale BASALTE acquise à 60% par ALBATRE. Résultat après retraitements : juste valeur de la société 1 962 500, goodwill complet de 781 500, réparti entre 502 500 pour la part des propriétaires (60%) et 279 000 pour la participation sans contrôle (40%).
Ce type de question représente souvent 4 à 6 points sur le dossier consolidation. Autant dire qu’il faut la traiter vite et sans erreur. Entraîne-toi sur plusieurs annales. L’ANC met à disposition le texte complet du règlement 2020-01 pour aller au fond des définitions.
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Les pièges à éviter à l’examen 🚨
Premier piège : confondre goodwill et écart d’évaluation. L’écart d’évaluation, c’est la réévaluation des actifs identifiables (un terrain, une marque). Le goodwill, c’est le solde résiduel après cette réévaluation.
Deuxième piège : oublier l’impôt différé sur les plus-values latentes. En IFRS comme en normes françaises, toute réévaluation d’actif génère un impôt différé passif qui vient réduire l’écart d’évaluation net.
Troisième piège : appliquer un amortissement automatique en IFRS. Non. Jamais. Uniquement des tests de dépréciation. Si on te demande d’amortir en IFRS, c’est un traquenard.
Dernier piège : la période d’ajustement du goodwill provisoire. La norme IFRS 3 limite la période d’ajustement à 12 mois. Au-delà, toute correction passe par le résultat.
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FAQ — Écart d’acquisition et goodwill ❓
Quelle est la différence entre écart d’évaluation et écart d’acquisition ?
−Le goodwill est-il amorti en IFRS ?
+Comment comptabiliser un badwill au DSCG ?
+Quelle méthode retenir pour le goodwill partiel vs goodwill complet ?
+Comment est testée la dépréciation du goodwill ?
+.
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