Soyons honnêtes : quand on pense « Banque d’Affaires » ou M&A (Fusions-Acquisitions), on imagine souvent un diplômé d’HEC, de l’ESSEC ou de Dauphine.
Le DSCG (Diplôme Supérieur de Comptabilité et de Gestion), lui, est le roi de l’expertise comptable et de l’audit.
Alors, peut-on réellement briser le plafond de verre et entrer en banque d’affaires avec un DSCG ?
La réponse courte est : OUI. La réponse réaliste est : Oui, mais pas par la grande porte, et pas sans stratégie.
Oubliez les discours théoriques. Voici la vérité crue sur la valeur de votre profil et le parcours réaliste pour transformer votre expertise technique en carrière prestigieuse.
Le Choc des Cultures : Pourquoi le DSCG fait peur aux banquiers ?
Avant de postuler, vous devez comprendre comment raisonne un recruteur en M&A.
- Le Mythe des « Target Schools » : La finance d’élite est un club fermé. Les banques (surtout les Bulge Brackets américaines comme Goldman ou JP Morgan) recrutent massivement dans le Top 3 ou Top 5 des Écoles de Commerce.
- L’image du DSCG : Pour un banquier, le DSCG est perçu comme un profil « Pur Comptable ». On vous imagine excellent pour faire un bilan, mais peut-être moins agile pour modéliser un Business Plan prospectif ou pitcher un client.
Mais vous avez une arme secrète : La Technique
Là où un étudiant d’école de commerce « bullshit » parfois sur les chiffres, vous, vous savez de quoi vous parlez.
- Vous maîtrisez la consolidation.
- Vous comprenez les IFRS.
- L’UE 2 (Finance) du DSCG est d’un niveau technique très solide.
Votre défi n’est pas la compétence, c’est l’étiquette.
Le Parcours RÉALISTE (La stratégie du « Pont »)
N’envoyez pas votre CV chez Lazard ou Rothschild directement après votre DSCG sans préparation. Macron a fait l’ENA… Pas vous.
Vous risquez le rejet automatique. Voici le chemin le plus sûr, testé et approuvé.
Étape 1 : Le « Lavage » de CV (Option Étudiant)
Si vous venez d’obtenir votre DSCG et que vous n’avez pas encore d’expérience, il vous manque une marque.
- La solution : Faites un Mastère Spécialisé (MS) en Finance dans une école du Top 5 (ESCP, EMLyon, EDHEC, etc.).
- L’effet : Le DSCG prouve que vous êtes un bosseur technique. Le MS prouve que vous faites partie du « club ». C’est le combo gagnant.
Étape 2 : La voie Royale du « TS » (Option Salarié/Alternant)
C’est la voie la plus crédible sans repasser par la case école à 20 000€.
- Entrez en Audit (Big 4) : Deloitte, KPMG, EY, PwC. Avec un DSCG, vous êtes le roi du pétrole ici. Ils vous veulent.
- Bifurquez vers le « TS » (Transaction Services) : Après 18 à 24 mois d’audit, demandez un transfert en interne vers le département Transaction Services (Due Diligence financière).
- Le Saut vers le M&A : Le TS est l’antichambre du M&A. Vous travaillez sur les mêmes deals, mais sur la partie chiffrée. Après 2 ans de TS, vous êtes ultra-attractif pour les boutiques de M&A et les fonds de Private Equity.
3 Vrais Conseils pour faire la différence (Soft & Hard Skills)
Avoir le diplôme ne suffit pas. Pour réussir vos entretiens en banque d’affaires avec un profil DSCG, voici ce que vous devez faire :
1. Tuez le match sur Excel
Un analyste M&A passe 80% de sa vie sur Excel et PowerPoint.
- Conseil : Ne dites pas « je maîtrise Excel ». Arrivez en disant que vous codez en VBA et que vous connaissez les raccourcis clavier par cœur (sans souris). Votre profil technique doit être votre atout majeur. Soyez plus rapide que les autres.
2. Visez juste : Oubliez (pour l’instant) le Large Cap
Ne perdez pas d’énergie à postuler chez Morgan Stanley tout de suite.
- Ciblez les Boutiques M&A Small & Mid-Cap : Elles traitent des deals entre 10 et 500 millions d’euros. Elles sont souvent moins regardantes sur le nom de l’école et plus intéressées par un candidat opérationnel tout de suite (ce que vous êtes grâce au DSCG). C’est la meilleure école pour apprendre.
3. L’Anglais n’est pas une option
Le DSCG est très franco-français. La finance est internationale.
- Réalité : Si vous ne pouvez pas tenir une conversation technique fluide en anglais, c’est game over. Passez le TOEIC (visez 950+) ou le GMAT pour rassurer les recruteurs sur ce point faible potentiel de votre profil.
Votre profil de DSCG est un atout en banque d’affaires !
Oui, le DSCG mène à la banque d’affaires. Non, ce n’est pas la voie la plus directe.
Mais une fois en poste, les profils DSCG sont souvent les meilleurs analystes. Pourquoi ? Parce que vous comprenez la mécanique comptable derrière la valorisation financière.
Votre plan d’action dès lundi :
- Mettez à jour votre LinkedIn en mettant en avant l’UE Finance et vos compétences en modélisation.
- Identifiez 10 boutiques M&A Small-Cap dans votre région.
- Si vous êtes en début de carrière, visez l’Audit en Big 4 comme tremplin stratégique.
Ne vous excusez pas d’avoir un DSCG. C’est une preuve de rigueur que peu de diplômés d’écoles de commerce possèdent.
Les notions du dscg à maitriser pour entrer en banque d’affaires !
1. La Sainte Trinité de la Valorisation
Vous devez connaître ces trois méthodes sur le bout des doigts. En entretien, on vous demandera souvent : « Walk me through a DCF » (Expliquez-moi le déroulé d’un DCF).
A. Le DCF (Discounted Cash Flow)
C’est la méthode reine. Elle consiste à projeter les flux de trésorerie futurs et à les actualiser.
- Le concept clé : L’argent de demain vaut moins que l’argent d’aujourd’hui.
- La formule du Free Cash Flow (FCF) : C’est le flux de trésorerie disponible pour tous les investisseurs (dette + equity). Vous devez savoir la griffonner sur un papier :$$FCF = EBIT \times (1 – \text{Taux d’IS}) + \text{D\&A} – \text{Capex} – \Delta \text{BFR}$$
- Le taux d’actualisation (WACC / CMPC) : C’est le coût moyen pondéré du capital (mélange du coût de la dette et du coût des fonds propres).
- La Valeur Terminale : Ce que vaut l’entreprise à la fin de vos prévisions (souvent calculée avec la formule de Gordon Shapiro).
B. Les Comparables Boursiers (Trading Comps)
On valorise la cible en la comparant à des concurrents cotés.
- Les Multiples clés : $\text{EV} / \text{EBITDA}$ (le plus courant) et $\text{P} / \text{E}$ (Price to Earnings).
- Le piège à éviter : Ne comparez jamais un multiple basé sur la valeur d’entreprise (EV) avec un dénominateur qui ne revient qu’aux actionnaires (Net Income). C’est pommes avec pommes.
C. Les Transactions Précédentes (Transaction Comps)
Similaire aux comparables boursiers, mais basé sur des rachats passés.
- La nuance : Cette méthode donne souvent une valorisation plus élevée à cause de la Prime de Contrôle (le prix supplémentaire payé pour acquérir la majorité).
2. Le Pont « Enterprise Value » vs « Equity Value »
C’est LA confusion classique des débutants. En tant que DSCG, vous n’avez pas le droit à l’erreur ici.
- Enterprise Value (EV) : La valeur du « garage » + la valeur de la « voiture ». C’est la valeur totale de l’actif opérationnel.
- Equity Value : Ce qui reste dans la poche des actionnaires une fois la dette remboursée.
La formule vitale :
$$Equity \ Value = Enterprise \ Value – \text{Dette Nette}$$
Note technique : La « Dette Nette » c’est $\text{Dette Financière Brute} – \text{Trésorerie (Cash)}$.
Si vous oubliez de soustraire le cash (ou de l’ajouter, selon le sens de la formule), vous êtes recalé.
3. Le LBO (Leveraged Buyout) – Votre atout « Business »
Le LBO consiste à racheter une boîte en s’endettant massivement. C’est le cœur du métier des fonds de Private Equity.
Les 3 leviers de création de valeur à connaître :
- Le Deleveraging (Remboursement de la dette) : On utilise le cash-flow de la boîte pour rembourser la dette. À la sortie, la part d’Equity a mécaniquement augmenté.
- L’Expansion du Multiple : On achète à 8x l’EBITDA, on espère revendre à 10x.
- La Croissance de l’EBITDA : Amélioration opérationnelle (votre domaine : réduction des coûts, optimisation du BFR).
4. Les passerelles Comptabilité $\leftrightarrow$ Finance (Votre zone de confort)
C’est ici que vous brillez par rapport aux écoles de commerce.
- EBITDA vs EBE :
- En comptabilité française (PCG), on parle d’EBE (Excédent Brut d’Exploitation).
- En M&A, on parle d’EBITDA.
- La différence ? L’EBITDA inclut souvent la participation des salariés, alors que l’EBE la place après. Soyez prêt à « retraiter » les comptes pour passer du PCG à une vue financière anglo-saxonne.
- Le BFR Normatif :
- En audit, vous vérifiez que le BFR est juste à la date de clôture (31/12).
- En M&A, on s’en fiche du 31/12 (c’est peut-être une date saisonnière basse). On calcule un BFR moyen ou normatif sur l’année pour voir ce que l’entreprise consomme réellement en cash.
Comment réviser efficacement ?
Ne lisez pas des livres de 500 pages. Soyez efficace :
- Le « Vernimmen » est votre bible, mais ne le lisez pas en entier. Concentrez-vous sur les chapitres Valorisation et LBO.
- Pratiquez sur Excel : Créez un modèle DCF simple à partir de zéro (from scratch). Si vous savez le construire, vous saurez l’expliquer.
- Apprenez le vocabulaire anglais : Ne dites pas « Chiffre d’Affaires », dites « Sales » ou « Revenue ». Ne dites pas « Amortissements », dites « D&A » (Depreciation & Amortization).
- Utilisez mes fiches personnelles en finance d’entreprise !
🎁 Mes Fiches de DSCG spéciales M and A
On l’a vu : pour réussir en M&A avec notre profil, l’approximation technique est interdite. La bonne nouvelle ? Tout ce qu’on vous demandera en entretien technique se trouve dans le programme de l’UE 2.
Pour vous faire gagner un temps précieux, j’ai condensé l’intégralité de cette matière dense dans mes Fiches de Révision DSCG UE 2.
J’ai conçu ces fiches pour aller à l’essentiel :
- Les structures de valorisation claires (DCF, Multiples).
- Les mécaniques de financement et de LBO.
- Les formules à connaître par cœur pour l’examen… et pour vos futurs tests techniques.
C’est votre « boîte à outils » prête à l’emploi pour valider le diplôme haut la main et arriver armé en entretien.
