Le tableau de financement, c’est LE document qui fait trembler pas mal de candidats au DCG UE6. Pourtant, une fois la logique comprise, il devient ton meilleur allié pour décrocher des points faciles. Son objectif : expliquer comment l’entreprise a financé ses emplois durables sur un exercice, et pourquoi sa trésorerie a bougé.

Dans cet article, tu vas voir la structure exacte du tableau de financement du PCG, la méthode pas à pas, un exemple chiffré, et les erreurs classiques qui coûtent cher le jour J. Compta Online rappelle d’ailleurs que les tableaux de flux sont présents dans 100 % des sujets depuis 2014. Autant dire que l’impasse est interdite.

À quoi sert le tableau de financement ? 🎯

Le bilan fonctionnel, c’est une photo à un instant T. Le tableau de financement, c’est le film de l’exercice. Il complète l’analyse statique du bilan en montrant comment les ressources durables ont financé les emplois stables entre deux bilans successifs. Le tableau de financement défini par le PCG se base sur l’analyse fonctionnelle du bilan mais s’inscrit dans une démarche dynamique et non statique. Il fait apparaître l’évolution du fonds de roulement net global, l’évolution du besoin en fonds de roulement et l’évolution de la trésorerie nette.

Concrètement, il répond à trois questions essentielles : d’où vient l’argent ? où est-il allé ? pourquoi la trésorerie a-t-elle évolué ainsi ? Il permet de détecter un déséquilibre financier, un sous-investissement ou un recours excessif à l’endettement.

Bon à savoir pour l’examen : son établissement est obligatoire dans les sociétés commerciales qui comptent plus de 300 salariés ou dont le montant net du chiffre d’affaires dépasse 18 000 000 € (article R. 232-2 du Code de commerce). Il vient compléter les comptes annuels et permet de comprendre l’évolution de l’entreprise au cours de l’exercice écoulé.

La structure en deux parties 📊

Le tableau de financement du PCG s’articule en deux parties indissociables. La première explique la variation du FRNG. La seconde détaille comment cette variation s’est répartie entre le BFR et la trésorerie.

Partie 1 — Ressources et emplois durables. Elle compare les ressources stables de l’exercice (CAF, cessions d’immobilisations, augmentation de capital, nouveaux emprunts) aux emplois durables (distributions de dividendes, acquisitions d’immobilisations, remboursement d’emprunts, réduction de capitaux propres). La différence donne la variation du FRNG.

Partie 2 — Utilisation de la variation du FRNG. On y décompose la variation du BFR d’exploitation, du BFR hors exploitation et de la trésorerie. L’équation magique à retenir : ΔFRNG = ΔBFR + ΔTrésorerie nette. Pour sécuriser cette partie, il est essentiel d’avoir bien intégré la logique BFR et trésorerie, que nous détaillons dans une méthode dédiée.

Les retraitements préalables sont obligatoires : crédit-bail, effets escomptés non échus, concours bancaires courants… Si tu zappes un retraitement, ton tableau est faux sur toute la ligne. Pense aussi à maîtriser les SIG et la CAF, car la CAF est la première ressource du tableau.

Méthode pas à pas pour le construire 🛠️

Étape 1 — Calcul de la CAF. Méthode soustractive à partir de l’EBE, ou additive à partir du résultat net. Vérifie toujours avec la seconde méthode. Exemple : EBE de 450 000 €, autres produits 10 000 €, charges financières 30 000 €, impôt 80 000 € → CAF = 350 000 €.

Étape 2 — Lister les ressources durables. CAF + cessions d’immobilisations (à la valeur de cession, pas la VNC !) + augmentations de capital en numéraire + nouveaux emprunts (hors concours bancaires courants et soldes créditeurs de banque).

Étape 3 — Lister les emplois durables. Dividendes versés dans l’exercice (et non ceux de l’exercice) + acquisitions d’immobilisations + remboursements d’emprunts + réductions de capital. Attention : les dividendes correspondent à l’affectation du résultat N-1.

Étape 4 — Calculer la variation du FRNG. Ressources − Emplois. Si positive, il y a dégagement de FRNG. Si négative, il y a prélèvement.

Étape 5 — Analyser la variation du BFR et de la trésorerie. On détaille poste par poste (stocks, créances clients, dettes fournisseurs, autres créances/dettes) en valeurs brutes. La cohérence doit être parfaite avec la partie 1.

Exemple chiffré express 💶

Soit la société ALPHA sur l’exercice N. Ressources durables : CAF 350 000 €, cession d’une machine 40 000 €, nouvel emprunt 200 000 €. Total = 590 000 €.

Emplois durables : dividendes distribués 60 000 €, acquisitions d’immobilisations 380 000 €, remboursement d’emprunts 90 000 €. Total = 530 000 €.

Variation du FRNG = 590 000 − 530 000 = +60 000 € (dégagement).

Côté partie 2 : imaginons que les stocks aient augmenté de 25 000 €, les créances clients de 35 000 €, et les dettes fournisseurs de 20 000 €. La variation du BFRE = (25 000 + 35 000) − 20 000 = +40 000 € (emploi). Sans variation du BFRHE, la trésorerie varie de +60 000 − 40 000 = +20 000 €. Vérifie sur le bilan : la trésorerie nette a bien augmenté de 20 000 €. Bingo, ton tableau est bouclé.

Tableau de financement vs tableau de flux OEC 🔄

Piège classique à l’examen : confondre les deux documents. Le tableau de financement du PCG met en évidence des flux de fonds (comptabilité d’engagement) alors que les tableaux de flux de trésorerie mettent en évidence des flux de trésorerie. Les tableaux de flux de trésorerie ne prennent en compte que les flux monétaires et ignorent la notion de patrimoine.

Autrement dit : le tableau de financement PCG s’appuie sur les variations de postes du bilan, tandis que le tableau de flux de trésorerie OEC reconstruit les encaissements et décaissements réels. Les deux sont au programme de l’UE6. Le référentiel comptable de l’ANC reste la base réglementaire à connaître.

Pourquoi c’est un sujet en or à l’UE6 ⭐

🎯 Avantage 1 — Points quasi garantisLes thématiques qui reviennent le plus fréquemment au DCG UE6 sont l’analyse de l’activité présente dans 100% des sujets depuis 2014, l’analyse de la rentabilité et des ratios (92%), l’analyse de la structure financière et des flux (85%). Maîtriser le tableau de financement, c’est sécuriser plusieurs points du diagnostic.

🧠 Avantage 2 — Logique transversale — Il mobilise le bilan fonctionnel, la CAF, les SIG, l’affectation du résultat. Bosser ce chapitre, c’est réviser la moitié de l’UE6 en même temps.

💼 Avantage 3 — Outil pro réel — En stage ou en cabinet, tu l’utiliseras pour diagnostiquer la santé financière d’un client. Ce n’est pas qu’un exercice scolaire.

🪜 Avantage 4 — Tremplin vers le DSCG — La logique flux/fonds se retrouve dans le tableau de flux consolidé de l’UE4 DSCG. Autant bien l’ancrer dès maintenant. Et si tu veux compléter ta boîte à outils de diagnostic financier, pense aussi à maîtriser la méthode pour calculer le coût du capital, incontournable pour juger la pertinence des politiques de financement.

Les pièges qui coûtent cher ⚠️

Piège 1 : confondre cession à la valeur nette comptable et à la valeur de cession. C’est la valeur de cession (prix de vente) qui va en ressources. La VNC sert seulement à calculer la plus ou moins-value dans la CAF.

Piège 2 : oublier de neutraliser les concours bancaires courants et soldes créditeurs de banque lors du calcul de la variation des emprunts. Ils font partie de la trésorerie passive, pas des ressources durables.

Piège 3 : intégrer les dividendes de l’exercice N au lieu de ceux de N-1 distribués en N. Pense à mobiliser ta fiche sur l’affectation du résultat.

Piège 4 : oublier les retraitements du crédit-bail. Le bien est réintégré à l’actif, la dette fictive au passif, et les redevances sont ventilées entre dotation et charge d’intérêt. Pour les formules et schémas officiels, consulte la documentation de Focus PCG.

Comment l’analyser dans un diagnostic ? 🔍

Construire le tableau, c’est 50 % du boulot. L’autre moitié, c’est l’analyse rédigée. Le jury veut voir que tu sais interpréter.

Trois axes à traiter systématiquement : la politique d’investissement (l’entreprise investit-elle assez ?), la politique de financement (équilibre entre CAF, capital et dette ?), et l’évolution du BFR (maîtrise du cycle d’exploitation ?). Une CAF qui couvre les investissements et les remboursements d’emprunts est un bon signe. À l’inverse, une entreprise qui finance ses immobilisations par de la trésorerie négative est en alerte rouge.

Rédige en phrases courtes, donne des chiffres, propose des préconisations. Le jury valorise les candidats qui vont au-delà du calcul brut. Pour aller plus loin sur la démarche globale, pense aussi aux provisions pour risques et charges qui impactent la CAF.

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